Tu vois ce bel avenir radieux,
Cette candide fiction, cette fièvre,
Innocent assassin vertueux
Jamais plus ne sera mon rêve !
Ô mère de mon malheur, Ô Désillusion
Tu as tué ce pauvre petit garçon...
C'est cette ombre qui m'a corrompu
Puisque je suis mort, avant d'avoir vécu
Voici que cette horrible noirceur
En grand m'ouvre à présent le coeur
Et de mes yeux, elle saigne des larmes.
Dans les ténèbres de ma tombe,
Elle glace aussi mon âme;
Fane l'espoir et même le monde
C'étaient cette peur et cette rage
Qui, jusque dans la nuit et dans l'orage,
Éteignaient les pâles rameaux
De mon frêle corps tombé à l'eau.
Ce fut la fin de cette vie
Qui transcenda ma raison
Immola avec elle mes passions
Juste avant d'achever mon esprit
Enfin ces mots signent mon testament
Adieu mes Amours, ton amant.
Lambert